Rénovation thermique

[…] la rénovation thermique des bâtiments constitue le chantier le plus porteur d’emplois de la croissance verte […]

L’immobilier consomme 43% de l’énergie utilisée en France et produit 22% des gaz à effet de serre.

La rénovation thermique concerne l’ensemble du parc immobilier : immeubles des collectivités, logement social, habitation des particuliers, bureaux, etc. En France, on compte environ 30,2 millions de logements, dont 19,1 millions, soit 63 % du parc, ont été construits avant 1975.

Les professionnels de la rénovation thermique estiment à 18 000€ en moyenne le coût de la rénovation thermique d’un logement.

La rénovation thermique des bâtiments est donc considérée comme un marché important en France.

Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, le gouvernement s'est engagé à faire preuve d'exemplarité en assurant la rénovation thermique d'ici 2020, des bâtiments de l'Etat (environ 50 millions de m2) et des établissements publics (70 millions de m2).

La loi Grenelle 1 précise en effet que tous ces bâtiments seront soumis à un audit d'ici à 2010 et devront engager une rénovation d'un tiers de leurs surfaces d'ici à 2012. L'objectif est de réduire d'au moins 40 % les consommations d'énergie et d'au moins 50 % les émissions de gaz à effet de serre de ces bâtiments dans un délai de huit ans. ''C'est une obligation pour l'Etat et une recommandation pour les collectivités territoriales'', souligne le plan bâtiment Grenelle.

Les membres du comité opérationnel du Grenelle ont estimé que le coût des rénovations énergétiques des bâtiments publics pouvait varier entre 200 et 300€ TTC/m2. Dans le cadre du Plan de relance, le volet bâtiments publics/ Etat a été doté de 200 millions d'euros. 150 millions d'euros sont dédiés aux travaux de rénovation et d'accessibilité. 50 millions d'euros sont également destinés aux audits prévus par la Loi Grenelle.

''Les objectifs du Grenelle sont donc techniquement atteignables'', affirme le CERTU à condition de ''ne pas disperser les crédits de rénovation énergétique sur l'ensemble du patrimoine mais de rénover en priorité les bâtiments les plus énergivores''.

Le Certu chiffre le coût moyen de la rénovation énergétique et d'entretien à 270 €TTC/m² dont 160€/m2 pour les travaux liés à l'énergie.

Le Ministère du développement durable  n'a pas prévu de mesures financières spécifiques pour le patrimoine appartenant aux collectivités locales'', selon le CGEDD, dont le patrimoine est estimé à plus de 240 millions de m2 (établissements scolaires, maisons de retraite, équipements sportifs…). L'enjeu est pourtant de taille puisque pour atteindre les objectifs du Grenelle, le budget nécessaire pour la rénovation thermique du patrimoine immobilier de l'Etat est estimé à 24 milliards d'euros d'ici à 10 ans.

Les contrats de performance énergétique, la solution ?

Pour financer ces opérations de rénovation thermique y compris les audits énergétiques, les services de l'Etat et les collectivités pourraient recourir aux certificats d'économies d'énergie (CEE). Les collectivités misent de plus en plus sur les contrats de performance énergétique (CPE) à l'instar de la région Alsace.

Un CPE a par exemple été signé en décembre dernier entre le Conseil régional d'Alsace et GDF-Suez, via sa filiale Cofely, pour la gestion de 14 lycées de la région considérées les plus énergivores. Conclu pour vingt ans, ce contrat de partenariat public-privé effectif, depuis le 1er janvier 2010, devrait ''permettre de réduire de 35 % la consommation d'énergies de l'ensemble des bâtiments et de 65 % leurs émissions de gaz à effet de serre''

La région Centre a également lancé un appel d'offres portant sur un contrat de performance énergétique sur la rénovation d'une vingtaine de lycées. On notera encore que la Ville de Paris a lancé le projet ''CPE Ecoles'' (Contrat de Performance Energétique) qui vise notamment la réduction de 30% des consommations énergétiques de 600 écoles primaires et maternelles municipales.

Les collectivités locales peuvent également s'appuyer sur le Fonds chaleur, piloté par l'Ademe, doté d'un milliard d'euros pour 2009 et 2011 pour financer notamment leur projet de réseaux de chaleur urbain à partir d'énergie renouvelable (biomasse, géothermie, solaire…) Autre solution : la location de 40 toitures photovoltaïques (PV) - soit 15.500 m2 - proposée par le Ministère de la Défense à la base aérienne d'Istres. Il s'agit d'un contrat AOT (Autorisation d'Occupation Temporaire) qui prévoit la location des toits PV au profit d'un opérateur. Ce dernier fournira les équipements contre l'exploitation de l'excédent produit pendant 20 ans. L'opérateur se rétribue ''en vendant la production excédentaire à Electricité de France (EDF), avant que le ministère de la Défense ne devienne propriétaire des installations et de l'énergie produite'', a précisé Dominique Leroy du Ministère de la Défense.



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